Interview – Droits de l’Enfant, Liberté d’expression, … Une représentante de Parolla di a Ghjuventù à Paris

Interview – Droits de l’Enfant, Liberté d’expression, … Une représentante de Parolla di a Ghjuventù à Paris

Du vendredi 20 au dimanche 22 septembre deux représentantes du comité citoyen Parolla di a Ghjuventù ont participé au week-end de travail du « Comité jeunes » de l’Association Nationale des Conseils d’Enfants et de Jeunes (ANACEJ)* à Paris.

Le « Comité jeunes » regroupe une trentaine de jeunes engagés dans des organisations de jeunesse dans leur région. Au programme : liberté d’expression, droits de l’enfant et Service National Universel.

Dans cet article l’une des représentantes de la Corse nous livre son point de vue mais aussi les messages qu’elle souhaite adresser aux jeune corses et aux décideurs locaux suite à ce week-end.

* L’ANACEJ est une association loi 1901 visant à promouvoir la participation des enfants et des jeunes à la décision publique et à accompagner les collectivités locales dans la mise en place de démarches de participation des jeunes.

 

Interview

 

  • Bonjour, qui es-tu et quel est ton parcours ? 

J’ai 25 ans, je suis animatrice pour enfants et je vis en Corse depuis maintenant 6 ans.

  • Qu’est ce qui a provoqué chez toi l’envie de t’engager ? 

Depuis toujours j’essaie de m’engager sur différents projets, c’est dans ma nature. C’est ce qui m’a conduit à intégrer le comité Parolla di a Ghjuventù il y a maintenant 2 ans. L’élément déclencheur d’adhésion à ce comité c’est la diversité en son sein et la sensation de parler librement, sans être jugé en fonction de votre origine sociale, culturelle ou de votre opinion. Ce cadre favorise l’expression de tous les jeunes, c’est leur liberté d’expression qui est permise.

  • Du 20 au 22 septembre, tu as participé au week-end du Comité Jeunes à Paris. Qu’est ce qui t’a poussé à partir ? 

Ce qui m’a poussé à partir, c’est avant tout le programme du week-end. Notamment la thématique sur les droits de l’Enfant. En tant qu’animatrice je suis très sensible à ce sujet. Pourtant, j’en avais très peu entendu parler auparavant. J’ai également été motivée par le fait de partir rencontrer des jeunes d’autres régions et ainsi pouvoir ramener des idées pour enrichir mon territoire, pour la jeunesse en Corse.

« C’est en allant au-delà de nos différences, de nos divergences de valeurs et d’opinions que nous pourrons obtenir des avancées. »

 

  • Quels étaient les sujets que vous avez abordés ? 

Nous avons abordé principalement les sujets de la liberté d’expression et des droits de l’Enfant.

Au niveau de la liberté d’expression on s’est demandé à quel moment celle-ci s’arrêtait. On dit qu’on est libre de dire ce que l’on pense, mais finalement on est souvent contraint à se taire. Par exemple si on dit une chose publiquement dans un Conseil de jeunes qui est mal interprétée par un élu politique, cela peut avoir des conséquences négatives pour soi et pour les autres jeunes. Avec les jeunes participants de ce week-end, on en a conclu que la liberté d’expression était une chance mais qu’il fallait installer un cadre et des règles de débats pour qu’elle puisse perdurer. Nous avons aussi relevé que le lieu de parole influe largement sur la liberté d’expression. Par exemple au bar nous nous permettons de tout dire, à l’inverse dans un amphithéâtre nous n’osons pas.

Le dernier jour, nous avons parlé du Service National Universel. Une jeune qui l’avait expérimenté est venue raconter son expérience. Elle nous a dit que c’était une sorte de « Journée  Défense et Citoyenneté » mais prolongée sur 15 jours. Elle se levait tous les jours à 6h00, les règles étaient strictes mais l’organisation générale était à revoir. Après un débat entre nous, nous avons pu établir des propositions pour améliorer le Service National Universel (SNU) qui est encore en phase expérimentale. L’ANACEJ va les étudier et les envoyer aux décideurs.

« Avec les jeunes participants de ce week-end, on en a conclu que la liberté d’expression était une chance mais qu’il fallait installer un cadre et des règles de débats pour qu’elle puisse perdurer. »

 

  • Que retiens-tu de ce week-end ? 

Ce que je retiens de ce week-end c’est qu’il faut que les jeunes s’engagent davantage pour faire bouger les choses. Le monde parfait n’existe pas mais en essayant d’obtenir des petites avancées de temps en temps c’est déjà une victoire. Par exemple on parle beaucoup d’environnement, mais avant de dire qu’il faut interdire les bateaux de croisière peut-être qu’on pourrait commencer simplement par installer des cendriers publics dans toutes les communes ?

  • Si tu avais un message à adresser aux décideurs locaux quel serait-il ? 

Je n’ai pas de message particulier à faire passer aux élus si ce n’est qu’ils prennent le temps de rencontrer et d’écouter les jeunes.

J’ai aussi deux idées qui m’ont l’air intéressantes à mettre en place. La première, serait de pouvoir aménager notre emploi du temps au Collège, au Lycée et à l’Université lorsqu’on est engagé dans une association, dans un conseil de jeunes ou un collectif. Cela se fait dans certains endroits sur le continent. Ensuite la deuxième idée serait de créer une plateforme sur internet qui diffuserait les pratiques éco-responsables, sous formes de défis. Un « Point Vert » qui serait animé par des jeunes, c’est d’ailleurs un projet à l’initiative de l’ANACEJ.

« On ne peut pas changer le passé, ce qui est fait est fait, par contre on peut améliorer le présent, ce qui est à faire reste à faire. »

 

  • Un message pour la jeunesse corse ? 

J’aimerais dire aux jeunes en Corse qu’il ne faut pas avoir peur de s’engager. Ils peuvent le faire de plusieurs manières en fonction de leur personnalité : en rejoignant des collectifs, des associations, des mouvements jeunesse mais aussi en modifiant leur mode de vie. Aussi, il ne faut pas que les jeunes abandonnent à la première difficulté sans faire d’effort pour la surmonter.

C’est en allant au-delà de nos différences, de nos divergences de valeurs et d’opinions que nous pourrons obtenir des avancées pour les jeunes, pour la Corse et au-delà. Pendant ce week-end j’ai rencontré des jeunes qui arrivaient à obtenir des financements pour créer leur propre événement. Les choses peuvent bouger, il faut y croire. On ne peut pas changer le passé, ce qui est fait est fait, par contre on peut améliorer le présent, ce qui est à faire reste à faire.

 

Interviews vidéos des jeunes représentants du Comité jeunes issus d’autres régions :

 

Interview de Théo « La priorité, c’est que les enfants connaissent leurs droits ! »

 

 

Interview d’Antoine « L’engagement c’est ce qui manque aujourd’hui aux jeunes »

 

 

Interview de Charlotte « Soit on s’engage maintenant, soit cela va devenir très compliqué »