Interview – « Il y a une absence totale de démarche d’information, de formation et de communication sur les droits de l’Enfant. »

Interview – « Il y a une absence totale de démarche d’information, de formation et de communication sur les droits de l’Enfant. »

Du vendredi 20 au dimanche 22 septembre deux représentantes du comité citoyen Parolla di a Ghjuventù, dont Bettina Guidicelli, ont participé au week-end de travail du « Comité jeunes » de l’Association Nationale des Conseils d’Enfants et de Jeunes (ANACEJ)* à Paris. Au programme : liberté d’expression, droits de l’enfant et Service National Universel.

Dans cet article Bettina Guidicelli nous livre son point de vue mais aussi les messages qu’elle souhaite adresser aux jeune corses et aux décideurs locaux suite à ce week-end.

* L’ANACEJ est une association loi 1901 visant à promouvoir la participation des enfants et des jeunes à la décision publique et à accompagner les collectivités locales dans la mise en place de démarches de participation des jeunes.

 

Interview de Bettina Guidicelli, l’une des représentantes du comité citoyen Parolla di a Ghjuventù :

 

  • Bonjour, qui es-tu et quel est ton parcours ? 

Je m’appelle Bettina Guidicelli j’ai 24 ans, j’habite à Ghisonaccia, je vais commencer prochainement une formation pour devenir conseillère en insertion professionnelle.

 

  • Qu’est ce qui a provoqué chez toi l’envie de t’engager ? 

J’ai toujours été proche du milieu associatif, par exemple à la fac j’ai été membre de l’Aiutu Studientinu, une association qui aide les étudiants les plus démunis. J’ai connu ensuite le comité citoyen Parolla di a Ghjuventù grâce à une mission de Service-Civique que j’ai eu la chance de faire avec la Mission Locale Rurale Haute-Corse. Je m’y suis ensuite engagée pour continuer à aider et à accompagner la jeunesse à améliorer leur quotidien sur l’île.

  • Du 20 au 22 septembre, tu as participé au week-end du Comité Jeunes à Paris. Qu’est ce qui t’a poussé à partir ? 

J’ai souhaité partir à Paris pour participer à ce week-end pour pouvoir en apprendre un peu plus sur les droits de l’Enfant. C’est un sujet qui m’intéresse particulièrement étant donné que je travaille actuellement dans une association qui garde les jeunes enfants à Ghisonaccia. Je voulais en savoir plus sur ce sujet, on en entend trop peu parler.

« En France, il y a une absence totale de démarche d’information, de formation et de communication sur les droits de l’Enfant. »

 

  • Quels étaient les sujets que vous aviez abordés ? 

Nous avons débattu sur différents sujets comme la liberté d’expression, le Service National Universel ou encore sur les droits de l’enfant comme je le mentionnais précédemment. Sur ce dernier point j’ai pu récolter quelques témoignages de participants. Par exemple,  des jeunes ont signalé qu’il y avait un manque de communication et un manque de connaissance énorme concernant les droits de l’enfant que ce soit du côté des premiers concernés mais aussi des parents et des professionnels en contacts avec les enfants et les jeunes.  Il est important d’en parler car ce sont des droits que nous avons tous mais qui sont méconnus.

En France, il y a une absence totale de démarche d’information, de formation et de communication sur les droits de l’Enfant. Il y a d’ailleurs un rapport de l’ONU qui en témoigne. Il faudrait former les professionnels de l’Éducation Nationale, les personnels associatifs en contact avec les enfants mais aussi les médecins et les juges pour enfants car il y a des carences.

  • Que retiens-tu de ce week-end ? 

Ce que j’ai pu retenir de ce week-end c’est qu’il est agréable de pouvoir travailler avec des personnes compétentes et à l’écoute des jeunes (ANACEJ). Le fait de pouvoir échanger avec d’autres jeunes de chaque région qui était représentée lors de ce week-end a été une expérience enrichissante.

« Il faudrait former les professionnels de l’Éducation Nationale, les personnels associatifs en contact avec les enfants mais aussi les médecins et les juges pour enfants car il y a des carences. »

 

  • Si tu avais un message à adresser aux décideurs locaux quel serait-il ? 

J’en aurais plusieurs, mais on va résumer ! Tout d’abord j’aimerais leur dire qu’il faudrait multiplier les comités et les conseils de jeunes de différentes tailles (communale, locale, et par bassins de vie) sur le territoire car cela permettrait vraiment de créer une dynamique constructive pour la jeunesse. C’est important pour l’expression de tous.

Ensuite, par rapport aux droits de l’Enfant, il faudrait créer des campagnes de formation pour les professionnels en lien avec l’enfance et la jeunesse pour qu’ils sachent de quoi il s’agit concrètement. En parallèle il faudrait que les professionnels expliquent aux enfants leurs droits et qu’ils leurs indiquent qui contacter s’ils ne sont pas respectés.

« […] il faudrait multiplier les comités et les conseils de jeunes de différentes tailles (communale, locale, et bassins de vie) sur le territoire car cela permet vraiment de créer une dynamique constructive pour la jeunesse. »

 

  • Un message pour la jeunesse corse ? 

Parlez librement, prenez la parole, engagez-vous et créez des projets pour construire un avenir meilleur sur notre territoire, pour notre île !

 

Interviews vidéos des jeunes représentants du Comité jeunes issus d’autres régions :

 

Interview de Théo « La priorité, c’est que les enfants connaissent leurs droits ! »

 

 

Interview d’Antoine « L’engagement c’est ce qui manque aujourd’hui aux jeunes »

 

 

Interview de Charlotte « Soit on s’engage maintenant, soit cela va devenir très compliqué »